| Humiliations |
plume
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posté le 2009-11-06 à 21:20:28
Mon protégé est depuis une dizaine de jours dans un service de soins, sorte de sas entre l'hôpital de soins aigus et l'Ems lieu de vie.
Ce matin, je lui ai rapporté du linge propre. Je le vois sortir de sa chambre les larmes aux yeux, houspillé par une mégère en blouse blanche. Je sais qu'il n'est pas facile à vivre, que sa situation est des plus délicate. Je lui demande gentiment ce qui se passe et il me dit, ici on me brusque sans arrêt (en terme médical, cela s'appelle stimulation) et regardez comme elle m'a habillé ! En effet, il porte une superbe polo rouge vif avec de fines lignes blanches, genre polo sport. Oui mais voilà, il déteste le rouge et ila reçu ce pull la semaine dernière. Pas question pour lui de porter du rouge. Je me tourne vers la harpie et lui dit
- Vous ne lui avez pas demandé son avis, lui avez-vous donner le choix entre ce pull et un autre ?
- J'ai pas que ça à faire, il n'est pas le seul patient ici !
- oui, mais bon, c'est dix secondes de demander à un résident ce qu'il veut porter.
- si c'est dans son armoire, c'est qu'il peut le mettre non ?
- non, c'est un cadeau, il n'aime pas le rouge et il vous l'a dit...
- Ah! mais si c'est les rédidents qui commandent, on va où ? Surtout que celui-là (on apprecie le celui-là) il est pas tant commode ! et elle s'en va...
Mon protégé est tout malheureux assis sur une chaise, le menton sur le torse et il pleure... je vais vers lui, lui demande de me suivre dans sa chambre(au passage, une infirmière m'informe qu'il ne doit pas rester dans sa chambre, je lui réponds qu'il est en privé et que s'il va dans sa chambre, c'est pour se changer... qu'il est encore libre de ses mouvements que je sache, la moutarde me montant gentiment au nez
Arrivés dans sa chambre, je lui propose deux pull, il en choisit un et je l'aide à se changer. Je remarque que sa moustache n'a pas été taillée depuis dix jours, elle lui recouvre la lèvre inférieur, le pauvre ne peut s'allimenter proprement dans de telles condition. Je pars à la recherche d'une paire de ciseaux et fait l'innocente: vous ne rasez pas les messieurs ici ? vous ne tailler pas les moustaches ? et ses ongles ? ils sont d'une longueur... la mégère arrive tout naseaux dehors: Ici on n'a pas le temps, il n'a qu'à le faire seul, si vous n'êtes pas contente vous n'avez qu'à le reprendre chez vous !!!!
- je respire un grand coup, me force à sourir et la regarde dans les yeux:
- ben non, il ne peut pas, sa coordination laissant vraiment à désirer, il risque de se couper la lèvre, et de s'entailler les doigts, et que je sache l'hôpital facture des soins de nursing et vous n'avez pas le temps de les faire, je pense que son assurance PRIVEE sera ravie de le savoir, et la direction de cet hôpital aussi. Là je commence à voir rouge de chez rouge
Le ton redescends de trois crans: non... attendez... je vais voir ce qu'on peut faire pour lui...
- oui, ce sera bien, sa fille vient cet après-midi...
Non mais je vous jure !
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On ne peut pas, sous prétexte qu'il est impossible de tout faire en un jour, ne rien faire du tout ! (abbé Pierre)
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Kine
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posté le 2009-11-06 à 21:51:06
C'est vraiment insupportable de lire ça. Le personnel doit être totalement débordé pour en arriver là?
Il y a un tel problème de personnel dans les maisons de soins (hôpitaux particulièrement), et il est quasiment impossible d'y trouver un poste à bas pourcentage. En attendant, ils pourraient engager plein de monde pour un petit pourcentage... au lieu d'épuiser celles qui sont surchargées par l'excès de travail mal distribué.
Je pleure en fait pour les deux...
Dernière modification le 06-11-2009 à 21:53:02
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plume
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posté le 2009-11-07 à 07:44:47
Débordé oui et non... Il y a une rationnalisation des soins, c'est sûr, mais l'humanité, un sourire et un peu de gentillesse, peuvent aider. Le ton exaspéré à 10h du matin, non... cette femme n'avait pas envie de faire ça, ça se voyait. Et oui, les aides comme les infirmières laissent tomber ce qui n'est pas indispensable: coupe des ongles, pieds et mains, rasage, hygiène bucale ... quand j'ai demander à qui falait-il s'adresser pour qu'on lui coupe les cheveux (il va ressembler à un Beatles, dans quelques jours...)on a aussé les épaules en me tournant le dos...
Le travail est très lourd, certes, et le manque de personnel flagrand. Mais au moins qu'on joue carte sur table, et que l'on demande clairement à la famille de l'aide. Franchement ses filles sont attérrées et moi aussi. lors de sa dernière hospitalisation il n'était pas dans ce service, et je peux dire que malgrés son état tout aussi préoccupant, le respect et les soins de bases étaient corrects.
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On ne peut pas, sous prétexte qu'il est impossible de tout faire en un jour, ne rien faire du tout ! (abbé Pierre)
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Pitch
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posté le 2009-11-07 à 12:51:37
C'est triste d'en arriver là !
J'ai assisté jeudi à un Forum sur les Soins Infirmiers et notre dernière intervenante était Rosette Poletti. Elle nous a dit- entre autres - qu'un des défis permanents du métier était celui d'être intéressé par les gens et que le métier d'infirmière n'était pas tout à fait "un métier comme les autres" qui demandait une compétence relationnelle, une capacité d'empathie et un développement professionnel constant. Enfin, je ne vais pas faire ici un résumé de son discours mais j'ai été une nouvelle fois très touchée par sa philosophie.
Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans les institutions, soit par manque de moyens et de personnel, soit par un manque de cohérence avec ses valeurs ou autres... Mais il ne sert à rien de se plaindre quand on est en situation, mais il faut se demander "
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Francis Bacon
L'amitié double les joies et réduit de moitié les peines.
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Mona

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posté le 2009-11-07 à 12:55:38
Désolant en effet! Je puis vous assurer que les personnes handicapées mentales âgées et dépendantes qui vivent dans la Fondation où je travaille sont bien mieux traitées et respectées!!
Je me dis qu'en vieillissant, ces personnes ont plus de chance que les valides
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Pitch
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posté le 2009-11-07 à 13:00:57
"qu'est-ce que je peux faire avec ça ?" pour pouvoir avancer.
Il faut voir les choses en face et là où je suis tout à fait d'accord avec toi c'est que si on considère son prochain (notamment le client) comme quelqu'un d'important et qu'on s'intéresse à lui, cela ne demande pas beaucoup plus de temps et ne coûte pas plus cher mais nous permet d'exercer notre métier en lui donnant un vrai sens. Donc écouter l'autre, accorder de l'importance à un détail de couleur de pull (qui n'est peut-être pas un détail pour l'autre...), le respecter en tant qu'individu.... bref, beaucoup de choses qu'on peut faire pour valoriser le client et notre travail.
Mais de nouveau : on ne doit pas généraliser et cette personne en blouse blanche avait peut-être passé "une mauvaise nuit"....
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Francis Bacon
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plume
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posté le 2009-11-07 à 14:05:51
Cette personne en blouse blanche fait partie d'un service ou visiblement il y a un dérapage général. L'infirmière chef de service va même plus loin ce matin. Elle m'a dit vous comprenez, il ne faut pas que ce soit trop agréable comme situation, car cela oblige les filles à trouver rapidement un placement.... Oui mais en attendant, c'est mon protégé qui en fait les frais. Je ne comprends pas cette perspective, en fait je ne l'accepte pas du tout ! on laisse des brusqueries, des personnes un peu raides se laisser aller à leur penchants naturels, afin de faire pression sur les familles. ça me dépasse totalement !
Et mauvaise nuit ou pas ce n'est pas une attitude à avoir.
Je ne suis pas parfaite, j'ai aussi mes humeurs, mais je fais le possible afin que les autres n'en subissent pas trop les conséquences, surtout dans la profession. depuis dix ans, je ne me suis pas permise ce genre d'attitude, au contraire j'ai essayé et je le fais encore de garder tout mon respect sa dignité à ce vieux monsieur. On N'a pas le droit de se comporter de la sorte, ce n'est pas professionnel.
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Mona

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posté le 2009-11-07 à 18:22:31
Je partage ton avis Plume ce d'autant plus que cette histoire de faire pression sur la famille n'a pas de sens. Pour les placements en EMS, il y a un centre qui regroupe toutes les demandes, c'est assez "bureaucratique" mais c'est ainsi qu'on voit aussi où il y a de la place.
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plume
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posté le 2009-11-07 à 21:19:35
Je pense qu'il y a peut-être quelques place dans des EMS éloignés et que la famille ne veut pas en entendre parler...
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plume
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posté le 2009-11-08 à 11:50:59
Quelqu'un m'a fait remarquer que je suis très sensible et que je me fâche assez vite avec le personnel soignant, c'est vrai qu'ici, vous ne lisez que mes coups de gueule, justifiés à mes yeux ! Je lâche la pression.
Vrai aussi, que je ne dis rien ici quand tout va bien et cela arrive: ma maman a passé une convalescence de rêve à Cran-Montana, je n'en dirais pas autant de son hospitalisation où on lui imposait un examens douloureux et inutile, son mari a une prise en charge tout à fait de qualité sur le plan psy, il est bi-polaire.
En fait, quand les circonstances vont bien, que les gens se soignent et se guérissent dans un cadre respectueux et professionnel, je trouve cela normal et n'en dis rien. Sachez tout de même que cela arrive.
Des personnes extraordinaires ont croisé ma route ou celles de mes proches, et pas plus tard que la semaine dernière. Ma fille s'est fait enlever ses 4 dents de sagesses, presque sans douleurs, avec un suivi, une prise d'antibiotiques avant, pendant, et une autre après. Ce que mon époux n'a pas eu, et lui a fait deux belles infections post op.pour les mêmes interventions dans une autre clinique dentaire. Ma fille a bénéficié de conseils, on lui a expliqués à l'aide de dessin et pendant l'intervention ce qui se faisait en temps réel, pas mon mari. ... une fois on a pris le temps, une fois pas. pour le même prix !
En général ce qui me fâche c'est quand je me rends compte qu'avec un peu de bonne volonté et de temps, on pourrait faire mieux.
Nous vivons dans une société ou la négligeance sous couvert de manque de temps, le travail bien fait, fiche le camps. Que ce soit au garge pour ma voiture, ou à l'hôpital... il y a partout des incompétant et ce n'est pas Linda lemay qui me contredira. [lien]
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plume
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posté le 2009-11-08 à 15:40:01
En aval ou en amont... moi je ne suis pas tant d'accord comme dirait l'autre. Si je le comprends, je trouve l'excuse inacceptable.
Je m'explique.
On a tous une responsabilité d'être ce que nous sommes. Ce n'est pas parce que mes conditions de travail sont peu agréables que je peux m'autoriser à mal travailler, à prendre le pouvoir, sur des personnes plus vulnérables et leur faire payer d'une certaine manière, mon inconfort professionnel. Si je peux comprendre et me l'expliquer, je ne l'accepte pas pour autant et tant pis si on me juge difficile à vivre.
Petite, j'ai fait les frais de ce genre d'attitude, ceci explique probablement mon intrensigeance. Il ne s'est pas trouvé grand monde à dire que c'était inacceptable.
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plume
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posté le 2009-11-12 à 14:07:46
Suite à mes diverses remarques au personnel soignant et à la famille, une rencontre multi partite, famille, équipe et moi a eu lieu. Le confort moral de mon protégé a été amélioré, on lui parle gentiment et ce dernier a enfin accepter d'aller dans un EMS. C'est bien la surcharge de travail qui était en cause ainsi qu'un manque de formation du personnel soignant qui n'a pas encore pu bénéficier des journées de sensibilisation au toucher empathique...cette sensibilsation n'étant plus disponible par l'AVDEMS, les responsables n'ont pas encore trouvé de solution de rechange (hum, depuis deux ans... Tu parles !)
La responsable du service est sensible au fait que les conditions de travail sont devenues de plus en plus lourdes, et elle se bat pour obtenir du personnel qualifié, en ajoutant qu'elle n'a pas voix au chapître en ce qui concerne les finances de l'hôpital et que ma foi elle fait avec ce qu'on lui donne (surtout des aide-infirmières), personnel qui bien souvent ne bénéficie pas de formation continue car employée sans formation de base, maîtrisant mal le français médical à l'écrit comme à l'oral mais - je cite - qui ont un coeur d'or avec les résidents... Dieu le cliché ! Bon. Passons.
Visiblement, ce qui coince, c'est la politique de soins de cet endroit.
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Mona

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posté le 2009-11-14 à 11:31:51
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On a tous une responsabilité d'être ce que nous sommes. Ce n'est pas parce que mes conditions de travail sont peu agréables que je peux m'autoriser à mal travailler, à prendre le pouvoir, sur des personnes plus vulnérables et leur faire payer d'une certaine manière, mon inconfort professionnel. Si je peux comprendre et me l'expliquer, je ne l'accepte pas pour autant et tant pis si on me juge difficile à vivre. |
J'aimerais revenir sur cela. C'est juste et très moral ce que tu écris là mais ce n'est malheureusement pas ce qui se passe en général.
Ce qui se passe, c'est qu'au jour d'aujourd'hui, le travail se déshumanise en raison des méthodes aberrantes du management actuel, du processus d'évaluation individuel et, paradoxalement, des démarches qualité! Le travailleur est de plus en plus isolé, y compris les cadres, et on entre dans une vraie "désolation du monde".
Alors, penser que tout ça ne se répercute pas d'une manière ou d'une autre sur ceux dont on s'occupe... c'est quand même intéressant de s'interroger la moindre. On traite les gens comme on nous traite...
Statistiques intéressantes, c'est dans les milieux financiers et dans celui de santé-social qu'il y a le plus de monde qui disjoncte, qui tombe en burn-out.
Cela ne vous interpelle pas un peu tous ces récents suicides à France Télécom par exemple?
Et pour celles qui étaient là hier soir, on peut aussi comprendre la non envie de Plume à rechercher du travail après son expérience récente. Ressort bien cette nécessité absolue qu'on a à donner du sens à ce qu'on fait.
Ce sont les valeurs qui sont les nôtres qui sont le moteur de ce qu'on investit dans son travail et quand elles sont ignorées, voire dénigrées, c'est là qu'on peut aussi se sentir humilié (pour en revenir au titre de la discussion!)
C'est en ce sens aussi que je comprends ton contentement qu'il y ait eu ensuite une réunion de réseau qui a pu répondre à ton interpellation et restaurer ces valeurs.
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plume
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posté le 2009-11-14 à 11:58:49
Mona, tu vois la de la morale, moi j'y vois une ethique personnelle.
Ce que je veux dire, c'est que bien souvent les personnes ne réfléchissent pas trop... fatiguées, soumises à de multiples pressions, elles n'ont plus l'espace necessaire, pour donner du sens à leur travail, parant au plus pressé... Le corollaire, c'est qu'au lieu de militer et de se battre pour changer leur conditions de travail, au besoin via les syndicats, on arrive à une compression des valeurs personnelles qui fini par "exploser" sur le lieu de travail: négligence graves, suicide chez télécom, mais aussi des employés qui tirent sur leur patron, qui suicident toutes la famille pour des raisons financières. Certes ce sont encore des cas isolés, mais qui se rapprochent dans une même période.
En faisant prendre conscience que l'attitude dépassait clairement les bornes de ce qui peut être admis, j'ai aussi fini par titiller les responsables. Je ne serai pas là pour voir si réellement des journées de formations continue seront données ou pas, mais ma goutte d'eau s'additionnera inévitablement à d'autres et qu'une prise de conscience naîtra, dans ce service de soins.
Il est parfois bon de dire ce que l'on pense: rappeler quelques évidences oubliées et perdues en cours de route. Si chacun se contente de ce qui est, je doute fort que les conditions de travail changent un jour.
Nous avons tous la responsabilité de changer ce qui peut l'être. Sinon c'est un peu facile de se dire que c'est à la hierarchie de prendre conscience: combien de personne atteintes, en souffrance avec le décès des 28 personnes de télécom ?
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plume
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posté le 2009-11-14 à 12:17:00
| citation : |
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La sollicitude ne se réduit pas seulement au geste, à l’attention portée à autrui, au respect (sinon comment la distinguer de la bienveillance ?), mais c’est aussi ce lieu mouvant et intime de la confluence de nos croyances, de nos valeurs. C’est cette réciprocité bâtie dans une relation de confiance censée guider quotidiennement notre agir, notre pensée, notre parole dans la visée éthique de la "vie bonne avec et pour autrui" | Paul Ricoeur
Soi-même comme un autre, Paul Ricoeur, Editions du Seuil, 1990, p 202.
Ce livre m'a accompagnée toute ma dernière grossesse ( hum il y a 20 ans), et j'ai fait mienne ce type de reflexion.
En fait, je suis sans concession. Si je faisais un autre job, il est fort probable, que je me battrai sur les dérives de la profession quelque qu'elle soit . On ne se refait pas Peut-être que je me montrais plus souple au début de ma carrière et que les conditions de travail s'étant considérablement durcies, je suis devenue plus intransigeante, exprimant une sorte de réciprocité de l'agiir et de pensées...Plus on va m'opposer des conditions de management dans des perspectives de réduction des coûts et plus je vais militer, me battre pour un savoir être, pour donner du sens... je ne sais pas...
Tiens peut-être que je vais m'orienter du côté des syndicats pour mon futur, très futur job, qui sait ?
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