Les aventures de Plumebleue

Les aventures de Plumebleue

Breizh insolite

Une Bretagne qui cache d'insolites trésors, une regard sur la mondialisation du 18 e s au travers de la compagnie des Indes, la vie quotidienne dans les campagnes...


Guiscriff
Guiscriff :

Guiscriff est dans les terres, au cœur de la Bretagne.

Un minuscule musée des Chemins de fer Breton rend hommage à la vie cheminote et aux combats syndicalistes de la fin des année 60, quand ce réseau fut démantelé  pour des raisons de maintenance trop coûteuse. Laissant sur le carreau plus de 2'000 familles touchées de près  par le chômage. Très syndicalisés, les cheminots ont mené de durs combats afin de maintenir leur outils de travail et leur qualité de vie. En vain. On arrête pas le progrès et l'exode rural.

Le musée retrace aussi les différentes facettes de l'importance de la photographie.

J'y ai ainsi appris que jusque dans les années 50, il était courant de photographier non seulement les grandes étapes de la vie, mais aussi et très fréquemment la mort. Le disparu sur son lit, dans les 48h pendant "l'Exposition" au cœur de la vie familiale. Et de voir une enfant de 10 ans décédée de pneumonie, un garçon de 16ans défiguré par un accident de char...  

 On y découvre que bien souvent les couples se faisaient photographier, lui en tenue de soldat et elle en infirmière posant dans un décor de carton pâte d'hôpital ou dans un camps de campagne. Ces photos mises en scène parle d'honneur, de courage, de devoir, de patriotisme pendant la 1ère guerre mondiale et dans les 10 ans qui ont suivi.

Des photographies d'ouvriers et/ou ouvrières en rang d'oignon, à l'usine avaient elles, comme objectif, de démontrer, images à l'appuis, la bonne santé de l'entreprise à de future fournisseurs ou acheteur...

Ce délicieux et minuscule musée caché au cœur d'un village presque sans intérêt nous a dévoilé de petits trésors d'informations sur la vie de la région.


Le musée de la compagnie des Indes de Port-Louis
Le musée de la compagnie des Indes de Port-Louis :

Ce musée se tient dans l'ancien Fort Vauban.  Le Musée de la Compagnie des Indes évoque les liens qui unissent
l'histoire de Lorient et celle des différentes compagnies françaises des Indes aux XVIIème et XVIIIème siècles, à travers des documents
historiques, des maquettes, du mobilier, des porcelaines, etc... Les maquette de ces galions sont magnifiques.


La compagnie des Indes.
La compagnie des Indes. :

Le musée ne fait pas l'impasse sur la traite des noirs :

"Traite des nègres : c'est l'achat des nègres que font les Européens sur les côtes d'Afrique, pour employer ces malheureux dans leurs colonies en qualité d'esclaves. Cet achat de nègres, pour les réduire en esclavage, est un négoce qui viole la religion, la morale, les lois naturelles, et tous les droits de la nature humaine."

Diderot et d'Alembert, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Paris, Tome XV, 1765, p. 532.


Le négrier "L'Aurore"
Le négrier "L'Aurore" :

J'ai d'abord pris les miniatures pour... du charbon.

On les a imaginé tels que se les représentaient les commerçants blancs, des sortes de singes... L'horreur !


La robe de percale de soie
La robe de percale de soie :

 Entièrement tissée à la main, brodée de même, de fil de soie d'or et d'argent, C'est pourtant une robe d'après-midi et non d'apparat ...

La soie et l'indienne produit lucratif s'il en est seront des produits phare de la compagnie tout comme les épices.


Détail de la robe
Détail de la robe

Compagnie des Indes - La porcelaine
Compagnie des Indes - La porcelaine :

Les chinois maîtrisent à la perfection l'art de la porcelaine dure. La recette est un secret commercial qui vaut la mort . Si bien qu'il est de bon ton de passer commande en Chine pour son service précieux. Forme, décors, couleurs tout est purement chinois si ce n'est le personnage central qui est vêtu à l'occidentale du 18es.  La mondialisation existait déjà !!!


Détail en grand
Détail en grand

Le village de l'an mil
Le village de l'an mil :

Témoignage de la vie des paysans bretons aux environs de l'an mil, ce village médiéval situé dans la vallée du Blavet fut déserté par ses habitants quelques siècles après sa création. Des vestiges bien conservés sont parfaitement lisibles.

Par ailleurs, il a été le décor de quelques scène de la mini série Kaamelot (livre VI) le tournage à eu lieu en 2008.


A l'intérieur d'une maison
A l'intérieur d'une maison :

Le feu central apportait la chaleur et la fumée, aucune ouverture n'était prévue dans le toit, car on pensait que la fumée tuait la vermine. Le mobilier spartiate, les paillasses dans des châlis quelques étagères en hauteur (souris), une ou deux jarres de conservation de l'huile et la farine grossière, on se nourrissait de gruau d'avoine sans sucre, parfois accompagné de soupe de légumes et mélangé d'herbes. Un très beau jardins sponsorisé par Yves Rocher donne un aperçu des plantes potagères et thérapeutiques sans oublier l'utilitaire: les cordes d'ortie était bien plus solides que celle de chanvre. on cultivait le lin autant pour le tissage que pour son huile.

Le village est aujourd'hui encore un lieu d'archéologie expérimentale pour la vie quotidienne de cet époque.


Le village de Poul-Fétan
Le village de Poul-Fétan :

Poul-Fetan, c’est un village breton pas comme les autres. Au bord de la vallée ombragée du Blavet, ce village de chaumières vit au rythme du 19e siècle. Sorte d'écomusée vivant, il propose des animations autour de la vie quotidienne au 19e s. et des moissons, le lavage du linge ou la fabrication du beurre, des crêpes, de la boulange, sans oublier tout ce qui a trait à la teinture et au tissage, en passant par le soins au bêtes. Il n'est pas mauvais de se rappeler ces savoirs ancestraux et ses traditions. Dans les campagnes et même de nos jours certaines activités sont le produits des gestes anciens qui ont traversé les siècles. Faire le pain, battre le beurre, les soins au bêtes ont peu changé.


Les crêpes
Les crêpes :

J'y ai appris à faire des crêpes totalement différemment : il faut tout d'abord mélanger les "secs" farines de sarrazin, sel et une pointe de bicarbonate (une pointe pour environ 10l de pâte à crêpe !!!) puis ajouter les jaunes d'œufs, puis les blancs battus en omelette et petit à petit, de l'eau avec parcimonie et battre pendant environ 15 minutes cette grosse pâte à plein bras. Ensuite seulement, on délaiera la pâte avec un peu d'eau ou du lait de chèvre. On la laisse reposer deux bonnes heure avant de la battre à nouveau avec un immense fouet en bois (pas besoin de fitness à cet époque !).  On graissera au saindoux une plaque à crêpe et la mère de famille  va faire environ une centaine de crêpes que l'on mangera le vendredi arrosée de beurre frais liquide et de sel de Guérande, ou d'un peu de miel ou confiture. La famille se compose des parents, grands-parents, enfants, handicapés et de quelques ouvriers agricoles ou des personnes âgées célibataires. Il n'était pas rare de voir des familles 10-15 personnes.

Ces crêpes croustillantes (cela ressemble à de la dentelle) se conservent très bien et s'emmenaient au champs, elles étaient accompagnées de fromage et de cidre coupé d'eau de source. Ce plat très calorique serait à peine digeste pour nos estomac actuels. La farine de sarrazin de l'époque était assez grossière et difficile à digérer. C'est pourquoi les enfants mangeaient des crêpes de farine fleurée, plus fines, souples et contenant bien moins de son de blé. Ce n'est que vers l'âge de 5-6 ans qu'ils pouvaient manger des crêpes de blé noir.


La grande buée
La grande buée :

Tout un poème, on le devine... mais le plus charmant c'était les comérages, tout ce qui se sait mais ne se voit pas, les dessous de la belle-mère pingre tellement usés qu'on ne les reconnaît plus, les guenilles des jeunes filles - tient elle ne les laves pas aujourd'hui (???) le triptyque l'enfer, le purgatoire et le paradis des grandes "buées", lessives des grands draps deux fois l'an.

 L'enfer : on fait bouillir le linge dans de grande cuve on le remue avec de la cendre il faut surveiller et ne pas se brûler les enfants courent partout, on sue sang et eau.

Le purgatoire : Le lendemain, les hommes amènent des briouettes au lavoir et madame à genoux expie ses péchés et sa condition de femme en battant le linge et en le rinçant à l'eau claire.

 Le paradis : Enfin, on étend le linge essoré, au soleil, sur un pré soigneusement nettoyé afin que la chlorophylle le fasse blanchir.

Sans oublier que nous sommes en Bretagne et que le beau temps n'est pas spécialement fréquent. Il fallait bien souvent le suspendre dans la grange ou dans le grenier poussiéreux.  On lavait facilement une quinzaine de draps, des nappes, des serviettes de corps, par famille. Cela donne une idée des grandes buées. Le petit linge se lavait, souvent en semaine et le lavoir n'était pas silencieux bien longtemps.