Les aventures de Plumebleue

Les aventures de Plumebleue

Pierres d'Irlande (avril 2016)

Voyage en Irlande au début du printemps 2016. "Pierres d'Irlande" met en avant les vieilles pierres, croix monumentales, ruines de monastères, vestiges du néolithique. Les paysages sont principalement ceux du massif du Burren sur la côte ouest du pays, dans le comté de Clare. On ne visite pas un pays en une semaine, mais cela donne un petit aperçu de ce qu'il y a à voir dans ce pays. Ici point de Connemara, de presqu'île de Dingle, pas plus de villes comme Dublin ou Galway...  Ne cherchez pas une Irlande mythique faite de forêts profondes ou bruissent des cascades et se trainent des brumes mystérieuses. Le pays est âpre, sévère parfois,  toujours issu du monde minéral.

Bonne découverte.  Et merci de commenter !



Les ruines de Mellifont
Les ruines de Mellifont :

 Près de Drogheda, à environ 30 km de Dublin, se cachent des sites remarquables.  
Arrivée dans une atmosphère lourde de pluie... les nuages gorgés d'eau menacent,

mais le soleil gagne la partie et nous arrivons sur place avec un magnifique arc-en-ciel en guise de bienvenue.

Il s'effacera le temps de parquer et de sortir de la voiture, de saisir nos appareils...

L'abbaye de Mellifont (en Irlandais An Mhainistir Mhór, littéralement la grande abbaye) est la première abbaye cistercienne construite en Irlande. Très prolifique avec trente-huit abbayes filles toutes situées en Irlande (rassurez-vous, nous ne les avons pas toutes visitées... ;)  ), elle entre au XIIe siècle en conflit avec les abbayes anglaises, à cause de différends nationaux. En 1539, elle est supprimée par la dissolution des monastères.

En 1938, elle est rétablie à 5 km de là, dans un lieu dit « Oriel Temple » : une communauté de trappistes maintient la prière de louange perpétuelle.


La porterie sur l'ancien chemin carrossable.
La porterie sur l'ancien chemin carrossable. :

 

Les genêts sont en fleurs...


Vestiges du cloître
Vestiges du cloître :

Quelques arcades remontées et sauvegardées suggèrent, plus que ne démontrent, ce qu'était le cloître cistercien.


Chapiteau du cloître.
Chapiteau du cloître. :

L'art cistercien est en phase avec leur spiritualité: il doit être une aide pour le cheminement intérieur des moines. En 1134, lors d'une réunion du Chapitre général de l'ordre, Bernard de Clairvaux, qui est au sommet de son influence, recommande la simplicité dans toutes les expressions de l'art. Dès lors, les Cisterciens vont développer un art dépouillé et souvent monochrome (L'art cistercien, France. La Pierre-qui-vire, « Zodiaque », 1962). Simplicité qui tranchera avec l'autre ordre monastique, les Bénédictins, pour qui l'art est une forme de louange à la beauté mystique du Divin. C'est la toute première fois que nous voyons cette sorte de sculpture en tuyaux d'éventail. 


Lavabo monumental
Lavabo monumental :

« Je lave(rai) mes mains en signe d’innocence pour approcher de ton autel, Seigneur. »

Au XIIe siècle, les monastères cisterciens aménagent à l'intérieur du cloître un édicule au sein duquel se trouve une fontaine nommée lavabo ou fontaine. À ce lavabo, les moines se lavent les mains avant de passer au réfectoire. Par extension, la pièce contenant cette fontaine est également nommée lavabo.

Les Cisterciens, qui, au XIIe siècle, se piquaient de revenir aux premières rigueurs de la vie monastique, qui excluaient de leurs couvents tout luxe, toute superfluité, avaient cependant construit des lavabos dans leurs cloîtres, disposés non point comme un motif de décoration, mais comme un objet de première nécessité.

C'est qu'en effet les Cisterciens du XIIe siècle s'occupaient à de rudes travaux manuels ; il leur fallait, avant d'entrer à l'église ou au réfectoire, laver les souillures qui couvraient leurs mains. (Wikipédia).

Il est toujours intéressant lorsqu'on visite un cloître de chercher les vestiges de ces lavabos...

Parfois c'est une simple grille au sol qui signale l'évacuation d'une fontaine sise au milieu du jardin du cloître,

d'autres fois, cette même grille se trouve en bordure de cloître

ou encore une petite fontaine à jet d'eau rappelle un puits ou une fontaine... Rares sont les cloîtres qui en sont dépourvus.


Environnement
Environnement :

La colline de roche au pied de laquelle l'Abbaye fut construite dans une boucle de ruisseau (moulins, forges, cuisine, nécessités).


La maison du Chapitre
La maison du Chapitre :

Alors qu'habituellement on trouve une salle du chapitre avec le dortoir des moines au-dessus, en Irlande, c'est une maison toute entière,

avec la salle du chapitre au rez et une salle dévolue à l'administration de l'abbaye au-dessus.


La chapelle St-Bernard
La chapelle St-Bernard :

La chapelle dédiée à l'un des fondateurs de l'esprit cistercien, Bernard de Clairvaux.

Chapelle probablement utilisée par les pèlerins. En effet, à Mellifont, il y avait plus de 300 frères lais et 150 moines de chœur.

Vu la taille des ruines de l'église, il aurait été bien difficile d'y accueillir des pèlerins ou des visiteurs en plus,

à l'exception d'un notable, d'un légat du pape ou du Chapitre général seuls habilités à franchir la clôture monastique.


Monasterboice
Monasterboice :

Ancien monastère entouré d'un cimetière romantique, Monasterboice conserve quelques-unes des plus belles croix celtiques d'Irlande.

De l'ensemble monastique, fondé dès le Ve siècle, plus guère de traces (ruines aujourd'hui de deux églises et d'une tour ronde haute de plus de 30 m).

Les croix celtiques, qui devaient être colorées à l'origine, avaient une fonction d'éducation religieuse dans une population largement illettrée.

Ici, la plus ancienne croix celtique du cimetière et probablement de toute l'Irlande...


La grande Croix
La grande Croix :

Datant du Xe s., d'une hauteur de 7,10 m, elle est gravée sur ses 4 faces.  

C'est le meilleur exemple des grandes croix celtiques préservées en Irlande.

À l'origine, l'anneau servait à rigidifier la tête et les bras de la croix,

puis il devint un élément décoratif.

Les hautes croix sont des symboles de prestige,

soit pour un monastère, soit pour un mécène ou un patron.


Monasterboice
Monasterboice :

La croix de Muiredach mesure 5,20 m de haut. La croix de Muiredach a été construite à la fin du IXe siècle ou plus probablement au début du Xe siècle.

Elle est considérée comme la plus belle croix de l'art celtique.

Amusez-vous... il y a deux félins cachés sur la photo, ils symbolisent la force divine qui protège...

Je vous fait grâce de comprendre toutes les scènes et leur symbolique. La plus importante, centrale, est la crucifixion.

Cette croix était particulièrement vénérée, car elle comporte une "main de Dieu"  sous l'un de ses bras...

signe de grâces particulières pour celui qui vénérait cette main divine.


Monasterboice
Monasterboice :

Le cercle qui nimbe les croix avait d'abord comme but de solidifier la croix, mais les Celtes avaient une symbolique très forte avec les cercles. Les 4 branches de la croix représentent les 4 éléments : Eau, Air, Feu, Terre, avec une représentation végétale (Gui, Trèfle, Epi, le Gland) et des Solstices et Equinoxes. Ces quatre éléments sont unis, dans le 5ème élément, l’Ether, le monde de lumière et par extension le monde divin.


Monasterboice
Monasterboice :

Le site dans son ensemble au coucher du soleil.

La haute tour ruinée, haute de 33 mètres, est significative des monastères irlandais. Elle servait de lieu d'archives, de refuge, et de détection de l'ennemi.

De sa hauteur, par temps clair, on pouvait voir à plusieurs dizaines de km.

Cette tour date du Xe s.


Newgrange
Newgrange :

Voici une vue d'avion du site qui permet de mieux comprendre l'importance de l'entaille et le mur blanc de la façade.


Newgrange est l’un des plus célèbres sites archéologiques d'Irlande. C’est un tumulus de 85 mètres de diamètre, à l’intérieur duquel on atteint la chambre funéraire par un long passage couvert. Il fait partie de tout un ensemble de sites préhistoriques appelé Brú na Bóinne. Il a été construit autour de 3200 av. J.-C., soit près de 600 ans avant la grande pyramide de Gizeh en Égypte et près de 1 000 ans avant Stonehenge en Angleterre. Chaque année (selon l'observation de sir Norman Lockyer en 1909), le jour du solstice d’hiver (le 21 décembre), à 9 h 17 du matin, le soleil (quand il fait beau ...) pénètre directement dans la chambre centrale pendant à peu près 15 minutes. La précision dans l'orientation de l'édifice est donc spectaculaire.


Newgrange
Newgrange :

Un rai de lumière le traverse au solstice d'hiver. Dans la nuit des temps des hommes ont célébré la puissance de la lumière sur les ténèbres de la mort.

Les ténèbres ne sont immuables, une fois l'an la lumière prend le dessus. Comment ne pas voir dans cet édifice, une forme antique de la Résurrection...

La lumière de la vie surpasse la nuit de la mort... Rien n'est définitif...

Newgrange est reconnu pour être beaucoup plus qu'un tombeau de passage. Ancien Temple est une classification plus appropriée, un lieu d'une importance astrologique, spirituelle, religieuse et rituelle, au même titre que nos cathédrales qui sont des lieux de prestige et de cultes, où des dignitaires peuvent être enterrés.

Le parement blanc et gris qui l'entoure datent de 1975. Il est le fruit de compilation de divers monuments néolithiques.


Newgrange - Pierre gravée de l'entrée
Newgrange - Pierre gravée de l'entrée :

Le monument comporte à l'intérieur plusieurs pierres gravées mais interdites de photo.

A l'extérieur, la pierre monumentale de l'entrée donne clairement les indications de motifs dits celtiques irlandais (des triksells entrelacés).

Deux autres pierres gravées sont relevées sur le pourtour du monument, qui devait être entouré d'un cromlech à son origine.


Newgrange, les pierres gravées
Newgrange, les pierres gravées

Newgrange, les pierres gravées
Newgrange, les pierres gravées

Newgrange
Newgrange :

Pour une fois cette reconstitution donne une idée de l'importance de tels monuments. Peut-être un poil trop bien faite, mais il fallait impressionner...

Nous avions vu en Bretagne le cairn de Barnenez qui est une structure un peu différente, puisque ayant une dizaine d'ouvertures et pas de fonction de calendrier.

Cela ressemblait à un énorme tas de cailloux...

Ici avec le tumulus et le parement, le public peut se rendre compte de la beauté de ces constructions.


Newgrange - Le Musée
Newgrange - Le Musée :

Les sites de la Boyne ne se visitent pas librement. Il faut passer par le visitor center, sorte de musée totalement fondu dans le paysage et qui en plus de vous vendre les billets d'accès, vous font découvrir de manière ludique et intelligente, la vie dans ce site protégé.

Malheureusement le public est rare dans cet endroit, il se précipite de la billetterie au bus d'accès et au retour, se rue dans le magasin de souvenirs ou la cafétéria. Nous avons pris un bon moment pour nous remettre en mémoire l'Âge du fer... Nous sommes loin des hommes des cavernes, on se croirait dans un bon camping... avec mode vestimentaire appropriée.